Pourquoi notre cerveau sabote rapidement nos résolutions du Nouvel An? Podcast Por  capa

Pourquoi notre cerveau sabote rapidement nos résolutions du Nouvel An?

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Chaque mois de janvier, le scénario se répète. Nous prenons des résolutions ambitieuses — faire du sport, mieux manger, moins procrastiner — et pourtant, avant même le 8 janvier, beaucoup ont déjà abandonné. Ce n’est pas un manque de volonté. C’est le fonctionnement normal du cerveau.


Première explication : le conflit entre deux systèmes cérébraux. D’un côté, le cortex préfrontal, siège de la planification, des objectifs à long terme et du contrôle de soi. De l’autre, les structures plus anciennes du cerveau, comme le système limbique, orientées vers le plaisir immédiat et l’économie d’énergie. Or, le cortex préfrontal est énergivore, lent et fragile face à la fatigue. Une étude publiée dans Nature Neuroscience montre que l’autocontrôle repose sur des réseaux neuronaux limités : plus on les sollicite, plus leur efficacité diminue au fil des jours.


Deuxième facteur clé : la dopamine, souvent mal comprise. Contrairement à une idée reçue, la dopamine ne récompense pas l’effort futur, mais l’anticipation d’une récompense immédiate. Au début de janvier, l’idée de “nouvelle vie” stimule fortement le système dopaminergique. Mais très vite, l’absence de récompense rapide — un corps plus sportif, moins de stress, plus d’énergie — provoque une chute de motivation. Des travaux publiés dans Neuron montrent que lorsque l’effort n’est pas suivi d’un retour rapide, le cerveau réduit spontanément l’engagement.


Troisième élément : le stress et la charge mentale. Janvier n’est pas un mois neutre : reprise du travail, fatigue hivernale, contraintes familiales. Or le stress chronique inhibe le cortex préfrontal et favorise les comportements automatiques. Une étude de 2015 dans Proceedings of the National Academy of Sciences a démontré que sous stress, le cerveau bascule vers des habitudes déjà installées, même si elles vont à l’encontre de nos objectifs conscients.


Enfin, le cerveau déteste les changements trop brutaux. Les résolutions reposent souvent sur une rupture radicale : “tout arrêter”, “tout changer”. Or l’apprentissage neuronal fonctionne par micro-ajustements répétés, pas par transformation soudaine. Les neurosciences de l’habitude, notamment les travaux de Wendy Wood, montrent que plus de 40 % de nos comportements quotidiens sont automatiques — et profondément résistants au changement volontaire.


Si vos résolutions échouent avant le 8 janvier, ce n’est pas une faiblesse personnelle. C’est votre cerveau qui privilégie la survie, l’économie d’énergie et la récompense immédiate. La solution n’est pas plus de volonté, mais des objectifs plus petits, des récompenses rapides et des changements progressifs. Autrement dit : travailler avec votre cerveau, et non contre lui.

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